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vendredi 18 juin 2010

A Gorno Draglishté, invités de notre fils...

Lors du loto carritatif organisé pour l'association de Lucile, celle qui veut emmener les handicapés en randonnées en Bulgarie, notre fils avait gagné un week-end dans une maison d'hôtes... et nous y sommes allé ce we. Il nous a fait bien rire, quand en pacha, il a choisi la plus grande chambre, celle qui d'ordinaire est réservée aux parents, avec le coin cuisine. Quand son père lui en a fait la remarque en précisant qu'il avait fait le même choix, notre lascar nous a benoitement répondu "Mais c'est moi qui vous invite ! j'ai gagné ce we et j'en profite aussi... Donc, je choisis MA chambre"... Bon, résignés... nous avons dormi dans les lits pour enfants (suffisamment longs pour nos jambes mais un tantinet étroit pour nos gabarits ! M'enfin, on a bien dormi quand même...)

Nous avons été accueillis et choyés.

De quoi redorer le blason de "l'accueil bulgare" : Comme quoi, dans les campagnes, le sens du service, des relations humaines, du savoir vivre... tout y est ! A Sofia, on doit souffrir de l'effet "ville"...

Alors, dans cette maison, regardez plutôt la magnifique la cuisinière, non ? ça fait un bail qu'on n'en avait pas vu des comme celle-ci ! Alors...imaginez le goût des banitza à la citrouille tout juste sorties de ce four, je vous dis pas... Un régal ! Allez, je file jeter un coup d'oeil sur les photos de toute la famille en costume bulgare... et si vous le voulez, je vous en envoie, mais sur votre boite perso !

Y'a qu'à demander... en tous les cas, croyez-moi, ça vaut le coup d'oeil : Le père et le fils en costume bulgare... moi, dansant avec les babas locales... avec de magnifiques robes rouges ! Il faisait d'ailleurs une chaleur incroyable sous ces robes, lourdes et chaudes à souhait... A refaire absolument l'hiver prochain, car là, il faisait 36° et c'était un peu... chaud mais on s'est drôlement bien amusé ! On gardera un super souvenir de ce week-end "offert" par notre filston...

Le village où nous étions : Gorno Draglishté... Je publie prochainement des photos de la randonnée que nous avons faite là-bas : Splendide, la nature nous a transmis une sensation de sérénité rarement égalée !

jeudi 6 mai 2010

Re-Belles

Ici, c'est le petit coin couture du théâtre national de Sofia... mais aujourd'hui, c'est l'atelier de création de ma fille que je voudrais vous présenter !


Elle a créé une marque de vêtements pour femmes


Re-Belles


et participe à un concours pour gagner il lui faut un maximum de voix. Aussi, je compte sur vous pour soutenir son projet en votant en suivant le lien du site Little Market, sur lequel vous pourrez également découvrir d'autres créateurs et passer des commandes ! à vos claviers...
Faites mieux qu'aux élections régionales... Vous avez seulement jusqu'au 15 mai... ensuite, ce sera place aux résultats ! A l'heure où j'écris, elle comptabilise plus de 60 votes... Je compte sur vous pour que le score monte, monte, monte !

vendredi 5 février 2010

Dans mon arbre généalogique, il y a ...

J'ai souvenir d'une conversation avec ma grand-mère à propos des chanteurs qu'elle aimait bien et la surprise qui avait été la mienne quand elle m'avait parlé de Bernard Lavilliers !
Elle avait déjà bien plus de 80 ans à l'époque... Je me souviens aussi de ma tête quand j'avais écouté avec elle la chanson qu'elle appréciait particulièrement et que ce matin j'ai recherché. J'avais mémorisé "if" mais je n'étais pas certaine que ma mémoire me donne une information exacte ou me joue un tour... et ce matin, j'ai écouté cette chanson et je l'ai redécouverte !
Ma grand-mère m'avait épatée quand elle m'avait fait part de ce que cette chanson signifiait et évoquait pour elle... Du haut de sa petite taille, une grande personne !
Alors, dans mon arbre généalogique, il y a Cette merveilleuse chanson que je prends aujourd'hui comme le message qu'elle laisse en héritage aux générations actuelles et futures : de quoi méditer, écouter et ré écouter pour le faire sien !
C'est un souvenir précieux de ma grand-mère, 97 ans "if" !...

samedi 13 décembre 2008

Dis Maman, tu crois à une vie après la vie, toi ?

J'ai 39°8 de fièvre... c'est énorme pour moi qui démarre habituellement mes journées à 35°2 (rassurez-vous, je ne suis pas une adepte de la prise de température matinale mais quelques séjours en maternité... (4 !! ma fierté, mes enfants...), quelques séjours,donc, m'ont appris à 6h du mat' que ma température est tellement basse que cela m'a chaque fois valut des réveils matinaux en fanfare...Vous savez, de ceux pour lesquels toute l'équipe médicale au grand complet débarque brusquement dans votre chambre pour vous observer,vous osculter et que, sous le regard de huit paires d'yeux (minimum !!! ça fait quand même un paquet d'yeux, imaginez...) que sous cette forêt intense de regards attentifs, il me soit demandé tout bonnement de reprendre ma température en rectale !! Rien que ça, et pensez-vous que le troupeau sorte de la chambre ?? Non, non !! Et quand je le demande, ils me répondent "soyez tranquille, nous sommes habitués"... euh, oui, peut-être mais pas moi... Déjà, que tout ce monde soit réuni face à moi en pyjama, dans ce que j'aimerai garder d'intimité et de dignité ! Cependant j'oubliais, je suis à l'hôpital, ce n'est pas vraiment de moi qu'il s'agit mais du corps médical qui ne sera rassuré sur le fait, que oui, je suis en vie, que quand je lui annoncerai une température avoisinant 37° ! au moins un "petit 36°5" ... Eh bien j'ai eu beau me concentrer, sentir que mes joues rougissaient de colère et de détresse mélangées devant l'humiliation que je ressentais dans cette scène... non, décidément non... 35°4 le matin, c'est ce que je fais de mieux et de plus élevé.. Donc, voilà qu'à plus de 39... ça ne m'était jamais arrivé de ma vie !! Déjà 38°4, mon record (reccord ? j'hésite), je suis hors service, alors là, au-dessus, je suis en plein délire... bon donc, après ce détour par les services hospitaliers et leurs personnels qui se refusent à croire qu'une personne qui affiche un 35°2 le matin, qui parle et raisonne correctement, qui bouge, etc... est bel et bien en vie et pas du tout en train de passer l'arme à gauche sous leurs yeux effarés...
Bon, vous avez compris la scène, je voulais en fait vous parler aujourd'hui de tout à fait autre chose, je reprends :
Ce matin, donc, je suis fiévreuse au lit... et ma fille, 11 ans, entreprend une conversation, suite à son dernier cours d'histoire, passionnée par les religions et l'histoire des Egyptiens, des pharaons qui croyaient à une vie après la vie... au point de garder leurs vicères dans des bocaux, à portée de main, au cas ou le pharaon en aurait besoin pour se réincarner... Et là, elle me dit :




  • "Moi je crois à la réincarnation et toi ?" Je tente un


  • "Ben, c'est difficile, comme on ne se souvient pas d'avant d'envisager avec certitude ce qui se passe après, non ?"
    Elle poursuit,


  • "Avant ? Oui, c'est vrai je ne suis pas certaine de ce qui m'est arrivé... Mais moi je suis sûre qu'en moi, j'ai l'âme de Marie-Hélène ! " Elle semble à la fois, fière de sa répartie et inquiète de ma réaction... me guette du coin de l'oeil, attentive. J'avoue que comme ça, direct... après la nuit que j'ai passé cette semaine à pleurer ma soeur, j'ai un choc... Elle connait mes pensées, elle lit mon blog ou quoi ? Alors, je lui dis


  • "Ah ?"... c'est un peu light comme propos, j'en conviens mais bon, je suis estomaquée... et fiévreuse, je vous le rappelle !


  • "Moi, je suis convaincue que l'âme prend son temps pour choisir de revenir à un autre moment, mais dans la même famille ! Toi par exemple, tu dois être... " Elle semble se concentrer un instant puis poursuit


  • "Je sais pas moi, l'âme de Pépé Jules ?"...


  • "Euh, excuses-moi ma fille mais Pépé Jules est mort en 1974 (ça j'en suis sûre, j'ai recherché dans mes souvenirs la nuit dernière)... et moi, je suis née en 1961... Donc, si je crois à ta théorie, son âme ne peut quand même pas être venue chez moi avant d'avoir quitté chez lui !?... "


  • "Ah oui, tu as raison, alors comme tu as connu tes arrières-grands-parents, il faut remonter beaucoup plus loin" pensive, elle réfléchit les yeux rivés au plafond, " mais quand j'y pense, ça fait du monde tout ça, et ça remonte vraiment loin !" Je m'engouffre dans cette distorsion du temps et j'argue :


  • "Ah, tu vas pas tarder à me voir en réincarnation d'un homme de Cromagnon, là ! Je te vois venir..."


  • "Peut-être que t'as raison... ou alors une période plus récente, quand même, mais assez lointaine !"


  • "Un homme ? Tu crois que l'âme d'un homme pourrait choisir de revenir dans le corps d'une femme ?" Je la vois mi-sérieuse mi-amusée avant qu'elle ne dise


  • "Oui, j'en suis sûre ! Toi, tu devais vivre à l'époque des flèches !"
    Bon, immédiatement, je m'imagine en indien avec mon arc et mes flèches, franchement à 39°8, ça me va très très bien !! Avant que ma fille ne prenne définitivement pour un indien réincarné tournant lors d'une danse effrenée
    et pour vérifier jusqu'où va cette "nouvelle" théorie, je tente un


  • "Et si tu étais l'âme de ma soeur, tu aurais quelque chose à me dire ?"


  • "Ben oui"... et se blotissant tout contre moi avec une douceur et un amour qu'elle seule sait donner en une fraction de seconde, instantannément connectée au coeur des autres, elle me murmure


  • "Je t'aime petite soeur"...

et pour ne pas finir la discussion dans un étrange câlin ou, la fièvre aidant, je serre dans mes bras, ma grande soeur et ma petite fille... je lui demande... mais c'est encore toute une autre histoire que je vous raconterai plus tard !
Alors, une vie après la vie, vous y croyez, vous ? Et toi, tu étais qui avant cette vie ??

vendredi 12 décembre 2008

Insomnie en eaux profondes

3 heures du matin, je me réveille ! Sans raison, pas de bruit dans la maison, pas plus que dans la rue (pour une fois...) et soudain, comme submergée, je réalise une tristesse immense, blottie au fond de moi depuis des années qui m'assaille, qui ressurgit ! Je suis au bord d'un lac qui me tapisse, qui est tellement immense que la nuit ou ce qu'il en reste, ne suffirait pas à me permettre d'en faire le tour. Je suis triste et soudain, je pleure d'un chagrin immense, indescriptible comme si je venais de perdre ma soeur.

Je vis depuis des années avec ce lac de tristesse que je ne savais pas enfoui au fond de moi. J'entreprends d'en sortir, je sens que si je laisse les larmes couler... mais c'est trop tard, je pleure et c'est plus fort que tout. Je sens que les sanglots ne sont pas loin, comme à l'époque de la mort de ma soeur, Marie-Hélène.
J'observe ce lac, sa surface est lisse, pas un mouvement ne le perturbe tant que je ne pleure pas mais chaque larme versée devient comme un ricochet à sa surface, troublant par cercles de plus en plus petits l'eau qui se met à frissonner ! J'ai froid. J'ai l'impression que si je rentre dans le lac, je n'aurai qu'une envie : couler à pic... me laisser entraîner par le chagrin enfoui là, souterrain, source interrissable. Je me raisonne, je pleure un chagrin vieux de plusieurs dizaines d'années, je ne comprends pas pourquoi ? Pourquoi cette nuit ce chagrin vient-il me réveiller ? Moi qui pensais avoir réussi à, non pas oublier, je ne veux pas oublier, mais à l'avoir intégré ! Je ne sais depuis quand, je n'arrive pas à me souvenir de l'année de sa mort, ni de la date exacte ? 1974, non... 76 ? probable. Quel âge aurait-elle aujourd'hui ? Je ne sais pas, le temps n'a aucune importance, il n'a pas érodé mon chagrin, le temps ne l'a pas effacé, seulement enfoui, logé au coeur de moi-même. Je n'arrive pas à me reconnecter au temps passé, alors j'égrenne ma journée... Que s'est-il passé aujourd'hui ? un diner avec des amis... une AG de l'association dont je suis membre fondatrice, une toux carrabinée qui m'a fait annuler un déjeuner avec une amie... Je prends soin de moi, je veux me reposer et surtout ne pas la contaminer, sa santé est fragile, donc précieuse en ce moment... Peut-être ai-je peur de la perdre ? Pourtant, je pense qu'elle va venir à bout de cette saleté de cancer qui l'a surprise l'hiver dernier. Mais cette nuit, ce n'est pas ce que je pense ou ressens consciemment qui me tient éveillée... Il est déjà 5h, je ne dors toujours pas, je n'ai pas fini d'explorer mon lac intérieur. Je n'ai pas dit suffisamment à mon amie combien elle compte pour moi.
Que s'est-il passé d'autre ? Et là, soudain, gentil souvenir de la matinée... Une parenthèse ouverte comme j'aime en avoir dans une journée, une fenêtre paisible... J'attendais une cliente, encore quinze minutes avant qu'elle n'arrive alors je me suis lancée à l'assaut de mon téléphone et j'ai appelé une amie, nouvellement rencontrée : Marie-Hélène, (tiens donc, tu penses bien que ça ne m'avait pas échappé cette similitude de prénom, d'ailleurs quand j'ai senti que je pouvais me lier d'amitié avec elle, je lui en ai parlé, comme par honnêteté, qu'elle sache tout de suite que je pouvais parfois la regarder en ne voyant pas qu'elle, peut-être, même si j'évite ce genre de ... confusion ; mais le risque étant là !)

Coup de fil enchanteur, je ne sais pas si elle va être disponible ou en rendez-vous ? Son téléphone m'envoie un chant d'oiseau... je suis déjà propulsée à la campagne, même si elle n'est pas là, cet appel m'aura déjà fait du bien ; elle décroche et semble avoir un peu de temps pour prendre l'appel : joies et échanges, chacune dans une pause tranquille... Je l'imagine à Reims dans sa maison que je n'ai jamais vu... (le chant de l'oiseau m'a conduite en pleine campagne... alors qu'elle est citadine, je le lui dis, on rigole...) J'écoute, je partage... J'ai l'image de ses yeux rieurs, d'un iris superbe, sa voix chantonne. Je ne réalise pas que ma cliente est en retard, seulement quand l'interphone me rappelle à l'ordre... Déjà 25mn que nous discutions, rigolions, parlions de tout et de rien, conversation teintée parfois d'échanges profonds puis de légereté, l'amitié agrémenté de gaité, une pause dans ma journée qui a repris le fil de son cours tranquille... Je ne travaillerais pas beaucoup aujourd'hui pour réussir à chasser cette vilaine toux et ce mal de tête tenace voilà déjà plusieurs jours.

Depuis des années, j'ai eu du mal à apprécier les "Marie-Hélène", j'ai toujours un mal fou avec les personnes qui portent ce prénom, comme si il exigeait de la femme qui le porte d'être plus, d'avoir un truc en plus, ou d'être différente de ma soeur pour que je puisse l'aimer aussi, mais je sais que j'ai une exigence : que ce soit une personne "alignée", qui se respecte elle-même et qui respecte les autres profondément, de cette authenticité là que probablement le décès de ma soeur m'a fait appréhender... Là, justement, je l'ai approché et j'ai rencontré une femme pleine de douceur et de sincérité, attentive, réceptive et pleine de gaité et d'humour (elle a certainement de mauvais côtés, aussi... Mais je ne la connais pas encore suffisamment pour le savoir... Tu vois, ce stade de l'amitié naissante... ou tu sais déjà que tu apprécies l'autre au point d'être indulgent sur certains de ses travers que tu n'accepterais pourtant chez personne d'autre !) Bref, j'ai donc appelé Marie-Hélène, comme ça pour papoter, ce que je fais rarement ! Et soudain, cette nuit, à 3 heures du matin, je réalise le manque de ma soeur ! C'est probablement cela qui s'est reconnecté à l'intérieur de moi, la pièce du puzzle qui donne accès au lac ! Et ce soir, au diner... N' étions-nous pas entre amis, autant de lacs intérieurs successifs que je n'ai qu'entrevus, mais que je devine, quels sont leurs manques ? Saurai-je par ma simple présence, réconforter leur tristesse qui pourtant ne s'exprime pas ; le diner était joyeux... chacun partageant ses projets, l'achat d'une voiture neuve, le ski à noël, la dernière croisière, l'inquiétude des plans de licenciement a pointé aussi son nez, quand même... mais c'est l'annonce d'une naissance pour le mois de mai qui a clôturée la soirée. Extraordinaire attente ! Fabuleuse suprise... magnifique sortie de crise... Une bonne soirée amicale, une journée paisible et au détour de l'insomnie, c'est seulement ma nuit qui ne l'était pas !

Alors, j'ai laissé des questions sans réponse : je n'ai pas voulu connaître la température de cette eau là... je ne sais pas ; même si, dans un bain de larmes, j'ai nagé pendant plusieurs heures dans ce lac, j'ai nagé jusqu'à l'épuisement, jusqu'à m'endormir ne parvenant pas à le traverser ni en largeur ni en longueur, tellement grand que je ne pouvais jamais apercevoir la berge d'en face... m'éloignant de plus en plus... J'ouvrais les yeux que je fixais sur mon mari, je me suis accrochée à sa respiration, sa jambe sortie de la couette, la chaleur de son mollet contre le mien... Ne pas le réveiller. Sa seule présence me rassure, je peux continuer de visiter et de mesurer l'ampleur du manque de ma soeur. Chaque fois que la douleur est trop grande, j'ouvre un oeil et la vue de sa présence me rassure, je sais avec certitude que je ne coulerai pas à pic mais je ne sais pas encore si l'eau est froide ou chaude ? Je baigne en eaux profondes.

Au matin, 8h15... je me réveille en sursaut, sa place est vide, il a laissé un mot sur mon ordi. Il m'a laissé dormir, merci ! Il me laisse un message : merci, il pense à moi, merci. Ce matin, plus qu'un autre, chacun de ses gestes, de ses attentions avaient une importance capitale pour moi... merci d'être là ! Car c'est aussi de ton amour que je guéris du manque.

vendredi 5 décembre 2008

Joies d'être grand-mère

J'ai gardé ma petite-fille à dormir ! Enchantements... 21h, elle dort... je peux me concentrer sur les autres, mes enfants les plus jeunes, diner, mettre tout le monde au lit, arrivée de mon mari, de retour de voyages, 23h... il me trouve une petite mine !?
Demain, mercredi, le "jour des mamans" ! Mais pourquoi l'appelle-t-on ainsi ? C'est le jour des enfants, pas celui des mamans !
Je n'ai pas une minute à moi depuis le réveil : 6h45... je l'entends qui papote avec mon fils :

  • "ça va Tonton ?"
  • "oui et toi ?"
  • " oui moi ça va et toi ça va Tonton ?"
Je tente un

  • "il est un peu tôt pour discuter tous les deux"

qui me fait gagner une demie-heure que je savoure... Réveil de la plus grande pour le départ au collège à 8h, la douche de mon homme vient à bout de la tranquillité des deux petits... Et hop là, voilà le bout de chou qui déboule dans ma chambre, regard en biais pour voir si je suis fâchée ou contente de la voir arriver. Bien sûr que je suis contente ! Fatiguée mais contente... J'ai droit au câlin le plus doux du monde ! Sa peau est encore épaisse et douce comme un velours de bébé... Je la renifle, elle se marre à gorge déployée et me lance un 'T'aime" ! Je fonds...

Déjeuner, en fanfarre, elle est de bonne humeur, me suis partout dans la maison.

  • "T'aime café ? papa aime le café..."

Elle épluche mon Elle magazine et me demande en pointant son doigt le nom de chaque chose, répète, commente

  • "Papa aime chocolat"
  • "maman aime chocolat"
  • "pas là Papa Maman"... J'explique
  • "ben oui... oui" me dit-elle comme si tout cela était évident.

Ses parents ont déjà dû lui expliquer "tu vas dormir chez ta grand-mère, Nanita" mais aujourd'hui, elle a décidé de m'appeler par mon prénom ou alors "Patitapita"... Bon allons-y pour ce surnom ou mon prénom ! Après tout, c'est le mien.

Je sors des jouets, des animaux, des dynosaures, un train de bois... Tout cela l'amuse follement à une condition : que je sois assise avec elle et que je joue à la même chose qu'elle sinon, elle me suit à nouveau partout dans la maison, me prend la main, m'entraine vers l'entrée, s'installe sur la trotinette, manque de perdre l'équilibre, m'appelle au secours du regard... grands yeux de biche, je ne la lâche pas... Tours de maison en trottinnette...
13h, elle finit son repas, je n'ai pas encore pris ma douche ! J'ai un vague souvenir de quand mes enfants étaient petits et de ces premières années de maternage où on est à la fois très heureux et à la fois très dépendante de l'instant de la sieste du cher bambin... pendant laquelle, non, on ne se prélassera pas car il y a sa toilette à faire, le repassage en retard, une lessive à lancer, le sol de la cuisine à laver, la baignoire qui a besoin d'un bon coup de produit... et la journée va continuer à son réveil... Je n'en perds pas une miette, je me régale de ses paroles, du son de sa voix, de son énergie...

  • "Allez, Napitapa, fais Kangourou"...

Une nouvelle formule pour me faire faire du sport... une pratique durant laquelle je fatigue avant elle, sautant appliquée à pieds joints et chantant à tue-tête :

  • "Kangou'ou ! Kan... Gou... 'ou"
  • "Allez..."

Retour de la grande du collège, elle joue avec sa nièce, elles discutent toutes les deux, s'amusent, dansent sur Olivia Ruiz et sa "dame chocolat"... Farandolle... "Viens" me crient-elles ! Pas une minute à moi, décidément le mercredi des mamans, n'est pas non plus le mercredi des grands-mères ! C'est définitivement celui des enfants ou des petits-enfants... Et c'est tant mieux ! Heureusement qu'ils sont là pour nous réapprendre à décrocher, à agir l'instant présent, à goûter chaque moment et à reporter celui des "il faut que je fasse ceci ou cela"... Après tout... le ménage attendra quand elle ne sera pas là et que précisément, je ne pourrai pas profiter de ces instants là. En attendant d'avoir une minute à moi, rien qu'à moi, je vais savourer les joies d'être grand-mère de cette petite-fille là, toute en joie.